2026-10-02

Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments : ce qu'elle exige en automatisation et supervision

La refonte de la directive EPBD fait de la gestion technique du bâtiment une obligation pour les grands bâtiments non résidentiels, puis pour des seuils plus bas en 2029. Ce que cela signifie pour un gestionnaire.

La directive (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD, dans sa version refondue) place l'automatisation et le suivi des systèmes techniques parmi les leviers de la décarbonation du parc. Pour un propriétaire ou un gestionnaire de bâtiments tertiaires, elle transforme une bonne pratique en échéance réglementaire. Les États membres doivent la transposer ; les modalités nationales sont à vérifier pour chaque pays.

L'obligation d'automatisation et de contrôle (BACS)

Selon les synthèses de la directive (REHVA, OneClickLCA), les bâtiments non résidentiels dont la puissance nominale cumulée de chauffage, de climatisation ou de ventilation dépasse 290 kW doivent être équipés de systèmes d'automatisation et de contrôle (échéance fin 2024), le seuil descendant à 70 kW pour fin 2029, lorsque c'est techniquement et économiquement réalisable. Ces systèmes doivent permettre un suivi continu, une analyse et un réglage des consommations par système technique. La refonte étend aussi les exigences à la régulation de l'éclairage dans certains cas.

Le Smart Readiness Indicator (SRI)

Le SRI est un indice qui évalue l'« intelligence » d'un bâtiment — sa capacité à s'adapter aux besoins des occupants, au réseau et à l'énergie disponible — à partir d'une cinquantaine de services, avec une note de A à G. La Commission doit établir un schéma commun par acte délégué ; les analyses indiquent qu'il deviendrait obligatoire pour les grands bâtiments non résidentiels (même seuil de 290 kW). Le calendrier précis dépend des actes à venir.

Ce que cela change pour un gestionnaire

  • Un inventaire de l'existant : puissances installées par système, présence ou non d'une supervision, protocoles utilisés.
  • Une trajectoire par site selon les seuils : un parc multi-sites aura des échéances différentes selon la puissance de chaque bâtiment.
  • Une supervision qui produit de l'action, pas seulement des courbes : détecter les dérives de consigne, les équipements qui tournent hors occupation, les écarts entre consommation attendue et réelle.
  • De l'interopérabilité : un bâtiment mêle souvent plusieurs générations d'équipements et de protocoles. Une architecture ouverte limite la dépendance à un seul fournisseur et facilite l'évolution.

Le lien avec la sécurité

Un bâtiment supervisé à distance est un système informatique exposé : règles de segmentation du réseau, comptes distincts, mises à jour et journalisation sont indispensables. Les mêmes principes que dans l'industrie s'appliquent (voir notre article sur la sécurité OT), et les produits connectés installés relèvent aussi des exigences de cyber-résilience.

Par où commencer

Faites d'abord l'inventaire et la mesure : sans comptage fiable par usage, on ne sait ni où agir ni comment démontrer un gain. Priorisez ensuite les systèmes qui pèsent le plus (chauffage, ventilation, climatisation), puis étendez. Le détail technique — quelles grandeurs mesurer, pourquoi le comptage par usage change tout, quels protocoles — est sur la page capteurs énergétiques intelligents ; l'ensemble se rattache à nos offres de bâtiment intelligent présentées sur la page Solutions.

Cet article est une information générale ; les seuils, exceptions et dates de transposition doivent être vérifiés dans le droit national applicable.

Sources

Questions fréquentes

Quelle obligation d'automatisation la directive EPBD impose-t-elle ?

Les bâtiments non résidentiels dont la puissance nominale cumulée de chauffage, de climatisation ou de ventilation dépasse 290 kW doivent être équipés de systèmes d'automatisation et de contrôle, le seuil descendant à 70 kW pour fin 2029 lorsque c'est techniquement et économiquement réalisable. Les modalités de transposition sont à vérifier dans le droit national applicable.

Qu'est-ce que le Smart Readiness Indicator (SRI) ?

Un indice qui évalue la capacité d'un bâtiment à s'adapter aux besoins des occupants, au réseau et à l'énergie disponible, à partir d'une cinquantaine de services, avec une note de A à G. Son schéma commun doit être établi par acte délégué de la Commission ; le calendrier précis dépend de ces actes.

Par où commencer sur un parc de plusieurs bâtiments ?

Par l'inventaire et la mesure : puissances installées par système, présence ou non d'une supervision, protocoles utilisés. Les échéances diffèrent d'un bâtiment à l'autre selon la puissance, donc la trajectoire se construit site par site, en priorisant les systèmes qui pèsent le plus.

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