2026-10-17

Fin de la 2G : ce qui s'éteint en ce moment, et ce qu'il faut vérifier dans votre parc

Les trois opérateurs français éteignent leur réseau 2G d'ici décembre 2026, la 3G suivra à partir de 2028. Alarmes, compteurs, ascenseurs, traceurs : comment inventorier un parc et choisir la technologie de remplacement.

L'extinction de la 2G n'est plus une échéance lointaine : elle est en cours. Selon les calendriers publiés par les opérateurs et repris par les synthèses sectorielles, Orange a engagé des coupures par vagues départementales à l'automne 2026, SFR vise la seconde quinzaine de novembre pour les zones les plus denses, et Bouygues Telecom a annoncé un arrêt à partir de la mi-novembre, généralisé début décembre. La 3G suivra plus tard : fin 2028 pour Orange et SFR, fin 2029 pour Bouygues Telecom.

Les dates précises évoluent et diffèrent d'un opérateur à l'autre : la référence pour un site donné est l'annonce de l'opérateur qui porte la carte SIM, pas un calendrier généraliste.

Pourquoi cela concerne surtout les objets, pas les téléphones

Les téléphones récents basculent seuls en 4G ou 5G. Le problème est ailleurs : dans les équipements installés il y a cinq, dix ou quinze ans, dimensionnés pour envoyer quelques kilo-octets par jour et jamais remplacés depuis. Selon les données citées par les pouvoirs publics, de l'ordre de deux millions de cartes SIM étaient encore, au printemps 2026, logées dans des équipements compatibles uniquement 2G — et plusieurs millions d'autres dépendaient de la 2G ou de la 3G.

Les familles d'équipements les plus exposées sont connues :

  • Les systèmes d'alarme et de télésurveillance, dont la transmission de secours passe souvent par un module GSM.
  • Les téléalarmes d'ascenseur, qui relèvent d'une obligation réglementaire de liaison phonique permanente.
  • Les compteurs et concentrateurs (eau, gaz, chaleur, sous-comptage électrique).
  • Les traceurs et boîtiers télématiques sur véhicules et engins.
  • Les automates et stations distantes en environnement industriel ou agricole, et les terminaux de paiement isolés.

Un inventaire en quatre colonnes

La difficulté n'est pas technique, elle est documentaire : beaucoup d'exploitants ne savent pas ce qu'ils ont. Un tableau à quatre colonnes suffit à démarrer :

  • Où : site, local, référence de l'équipement.
  • Quoi : modèle, millésime, module de communication s'il est connu.
  • Quelle SIM : opérateur, type d'abonnement, et surtout technologies réellement supportées par le module — un module « 4G » n'est pas forcément compatible LTE-M ou VoLTE.
  • Quelle criticité : que se passe-t-il concrètement si la liaison tombe ? Une alerte manquée, une facturation estimée, ou une personne bloquée dans un ascenseur ne se traitent pas avec la même urgence.

Deux sources permettent de constituer cet inventaire sans se déplacer partout : la liste des cartes SIM facturées par l'opérateur, et les journaux de la plateforme de supervision, qui montrent quels équipements communiquent encore et à quelle fréquence.

Choisir la technologie de remplacement

Il n'y a pas un remplaçant unique de la 2G, mais une famille de réponses selon l'usage :

  • LTE-M : débit modeste, bonne pénétration en intérieur, mobilité et, selon les configurations, prise en charge de la voix. Le choix par défaut pour la plupart des objets cellulaires.
  • NB-IoT : très basse consommation, très bonne couverture en sous-sol, mais latence élevée et mobilité limitée. Adapté aux compteurs fixes, pas aux traceurs.
  • 4G / 5G classique : pour ce qui a besoin de débit (caméras, passerelles agrégeant plusieurs capteurs, terminaux interactifs).
  • LoRaWAN ou sub-GHz privé : pertinent quand le parc est dense sur un site ou un territoire et que l'on accepte d'exploiter son propre réseau.
  • Filaire, fibre ou Wi-Fi : souvent la meilleure solution là où elle existe déjà, et la moins coûteuse à exploiter.

Le choix se fait sur quatre critères : volume de données, autonomie attendue, mobilité, et contrainte de latence. C'est la même logique que celle décrite dans notre article sur la répartition de l'intelligence entre capteur, passerelle et cloud — décider localement réduit le besoin de débit, donc élargit le choix de technologie.

Trois pièges fréquents

  • Remplacer à l'identique. Un module cellulaire choisi aujourd'hui sera en service dix ans. Vérifier qu'il couvre LTE-M et NB-IoT, et qu'il peut recevoir des mises à jour à distance, coûte peu et évite la prochaine migration forcée.
  • Oublier la voix. Une téléalarme d'ascenseur a besoin d'un canal phonique : en 4G, cela signifie VoLTE, qui n'est pas acquis sur tous les modules ni tous les abonnements machine-à-machine.
  • Négliger la sécurité du nouveau parc. Un équipement remplacé est un équipement neuf, soumis aux exigences actuelles : clés propres à chaque appareil, mises à jour signées, et désormais accès aux données par conception. Voir nos articles sur la sécurité OT et sur le Data Act.

Notre lecture

Cette extinction est une contrainte, mais c'est aussi la première occasion depuis longtemps de reprendre la main sur un parc installé par sédimentation. Un inventaire fait maintenant sert deux fois : pour la migration en cours, et pour la fin de la 3G, qui arrivera avec deux à trois ans d'avance sur ce que la plupart des exploitants imaginent.

Sources

Questions fréquentes

Quand SFR arrête-t-il la 2G ?

SFR vise la seconde quinzaine de novembre 2026 pour les zones les plus denses. Les dates exactes évoluent et sont publiées par vagues : la référence pour un site donné est l'annonce de l'opérateur qui porte la carte SIM, pas un calendrier généraliste.

Quand Bouygues Telecom arrête-t-il la 2G ?

Bouygues Telecom a annoncé un arrêt à partir de la mi-novembre 2026, généralisé début décembre. Comme chez les autres opérateurs, la coupure se fait par étapes et la date qui compte est celle communiquée pour le site concerné.

Quand Orange arrête-t-il la 2G ?

Orange a engagé des coupures par vagues départementales dès l'automne 2026. L'extinction n'est donc pas un basculement unique à l'échelle nationale : elle se constate département par département.

Quand la 3G s'arrête-t-elle en France ?

Plus tard que la 2G : fin 2028 pour Orange et SFR, fin 2029 pour Bouygues Telecom. Un équipement remplacé aujourd'hui par un module 3G seul serait donc à remplacer une deuxième fois dans deux à trois ans.

Quels équipements sont les plus exposés à l'arrêt de la 2G ?

Les systèmes d'alarme et de télésurveillance, les téléalarmes d'ascenseur, les compteurs et concentrateurs d'eau, de gaz, de chaleur ou de sous-comptage électrique, les traceurs et boîtiers télématiques, les automates et stations distantes, et les terminaux de paiement isolés. Les téléphones récents basculent seuls : le problème porte sur les objets.

Par quoi remplacer un module 2G ?

Il n'y a pas un remplaçant unique. LTE-M est le choix par défaut pour la plupart des objets cellulaires : débit modeste, bonne pénétration en intérieur, mobilité. NB-IoT convient aux compteurs fixes en sous-sol mais pas aux traceurs. La 4G ou la 5G servent ce qui a besoin de débit. LoRaWAN ou un sub-GHz privé se justifient quand le parc est dense sur un même site.

Comment savoir si mon module « 4G » est vraiment compatible ?

Un module annoncé « 4G » n'est pas forcément compatible LTE-M ni VoLTE — ce qui est déterminant pour tout ce qui transporte de la voix, comme une téléalarme d'ascenseur. Il faut vérifier les technologies réellement prises en charge par le module, pas seulement la génération affichée.

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